L’incertitude du signifiant

René Lew
J’abonderai dans le sens de cette question de l’incertitude posée aux divers intervenants de ce colloque multidisciplinaire, afin de préciser ma position à cet égard[1].

Mais je dirai de prime abord que le passage (ou le dialogue) d’une discipline à l’autre est l’affaire d’une communauté de schématisme. Sans quoi l’on se heurte à une fermeture de la discipline en cause sur elle-même, voire à un dialogue de sourds.

L’incertitude du signifiant tient de prime abord à

            - sa variabilité, car il n’est jamais identique à lui-même (du fait qu’il n’y a « pas de signifiant pour se signifier soi-même », selon l’aphorisme de Lacan) ;

            - sa non-ontologie, car il n’est pas spécifiable ni pointable extrinsèquement (je parle là du signifiant opérant dans la psychanalyse et non du signifiant linguistique, celui-ci plus ou moins objectivé) : il n’existe (et donc n’opère) qu’en fonction, et plus exactement en tant que fonction, impossible à cerner, sinon par son nom (ayant encore une raison intensionnelle) ou sa transcription extensionnelle en objet ;

            - sa diversification, car n’importe quoi peut prendre valeur de signifiant.

Il n’empêche que cette difficulté à indiquer exactement ce qu’est un signifiant ne l’empêche pas – et même au contraire, car ses raisons l’amènent à se définir constamment par rapport à un autre signifiant, pas mieux loti – de faire lien et des liens
  • avec d’autres signifiants,    
  • avec les signifiés qui s’en dégagent,
  • avec le sujet comme avec l’Autre,
  • avec les objets qui le portent, comme si ces extensions de la signifiance étaient des référents du signifiant.
L’ensemble de ces fonctions mettent en jeu un schématisme (concepts, configuration de concepts ou agencement ou morphologie, présentation de cette morphologie, ou, dit autrement : schèmes, schémas, figures). Mais je voudrais souligner qu’à la base d’un tel schématisme existe toujours un choix orientant la construction schématique et influant dès lors sur le réel qui s’en détermine. Une politique du choix vient donc compléter la stratégie de la configuration et l’ordre conceptuel en cause, souvent axiomatique parce qu’axiomatisé.

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1. Schéma de l’incertitude

Trois modes de l’incertitude impliquent une certaine manière de mettre en place l’incertitude du signifiant. Ce sont la récursivité, l’échappement et la littoralité. Je dis dès maintenant, pour y revenir plus tard, que ces trois modes se nouent borroméennement ou se constituent modalement depuis le nouage borroméen.

Ils participent chacun de la signifiance (soit ce qui permet de construire du signifiant) – unaire et spécifiant donc le signifiant unaire de Lacan –, laquelle se distingue du signifiant binaire, standard, linguistique, S2 pour Lacan. En même temps cette signifiance est la fonction phallique du discours de Freud.

Chacun de ces moments fonctionnels se situe, conjointement aux autres, au sein de la relation corps-signifiant, qui implique la pulsion chez Freud, le dire chez Lacan.

1.1. La récursivité

Ce terme polysémique ne signifie pas ici, ni pour ma définition du signifiant, l’ensemble des règles, aussi logiques, qui concourent à fonder et valider les opérations mathématiques. Mais à l’envers de cette manière directement causale, il désigne l’implication du terme encore à définir, le definiendum, dans la définition elle même, le definiens. Ce peut être l’implication de l’objet transcrivant la fonction au sein de cette fonction constitutive.

Par là cette définition, se fondant comme causalité irréelle (telle que le terme produit, le conséquent, antécède le terme producteur, qui est l’antécédent effectif une fois admis qu’il soit bien à disposition), anticipe par rétrogrédience (je chiasme ces fonctions) de façon que l’effet appelle sa cause à l’existence, afin de s’en soutenir effectivement (par rétroaction et progrédience, je chiasme encore). On voit là que la récursivité ne permet pas de saisir ontologiquement un donné et qu’elle est supposition à l’œuvre. Elle ouvre ainsi sur la variabilité des produits et de là sur leur diversification. C’est une affaire d’imprédicativité.

La récursivité implique en effet que la référence d’une fonction soit cette fonction elle-même (en intension), ou même son objet (c’est là la fonction prise en extension) : dans les deux cas, la référence d’une fonction tient à ce qu’elle est censée produire. C’est pourquoi elle est d’abord fonction d’hypothèse. Récursif et hypothétique vont de pair, et se ternarisent avec l’imprédicativité : il n’y a pas de prédicat extrinsèque pour assurer la fonction, et celle-ci ne se fonde que sur elle-même (en intension ou en extension, c’est-à-dire, dans ce second cas, sur son objet).

1.2. L’échappement

Sous cet angle de la récursivité la cause échappe dans l’effet qui la détermine en retour. Plus avant, rien qui soit signifiant n’ignore cet échappement : le signifiant échappe dans le signifié, la signifiance échappe dans le signifiant. Dit autrement, le signifiant unaire échappe dans le signifiant binaire : (S1 ?(S1?S2)). Cela opère par récurrence (qui, comme la récursivité, est ici une ouverture en hélice de la bande de Mœbius).

Mais, plus largement, la syntaxe échappe dans la sémantique, l’énonciation dans l’énoncé ; et, pour ce qui concerne la psychanalyse, le Père échappe dans l’ensemble des hommes, l’inconscient échappe dans la conscience, le refoulement primordial d’autant plus échappe dans le refoulement proprement dit, etc. L’échappement y est essentiel à la théorie sous l’angle métaphorique de la castration.

1.3. La littoralité

Lacan appelle « littoral », le lien d’un domaine qui par lui-même fait frontière avec un autre. Ce lien est réversif. J’entends là qu’il n’y a pas de frontière tierce, matérialisée. La littoralité met ainsi à distance la question du tiers exclu.

C’est pour moi d’autant plus évident en ce qui concerne une même « chose » simplement considérée sous deux angles d’abord, deux points de vue. En particulier la fonction est dans un lien littoral à l’objet qu’elle vise à constituer, puisque celui-ci est l’extension de cette fonction : la littoralité opère ainsi d’autant plus sûrement entre fonction en intension et fonction (la même) en extension.

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La catégorie du signifiant manquant à Freud, c’est sur celle du phallus qu’il établit sa théorie. J’en fais un équivalent de la signifiance. Ainsi l’incertitude du signifiant conduit-elle au concept de castration, comme à celui de non-croire (Unglauben) et à la dénégation.

Mais ces raisons constitutives du schématisme de l’incertitude ne sont prises en compte que par choix. Autrement dit il y a toujours du sujet à la base de leur choix. De là la structure borroméenne de ces choix et du sujet dans le mode d’analyse de Freud (qui opère par points-nœud, selon sa propre expression (Knotenpunkten : logique, grammaire, homophonie), Lacan préférant la mise à plat tétraédrique de ce nœud en carré modal, œdipien, discursif et quantifié.

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2. La présentation borroméenne du schématisme de l’incertitude

Récursivité, échappement et littoralité constituent le schème borroméen de l’incertitude du fait qu’aucun de ces concepts n’aille sans les autres. Dans ce qui suit, je passerai d’une figuration torique classique du nœud borroméen à la prise en considération tétraédrique de ses mises à plat (cette prise en considération étant elle-même mise à plat)[2].

[1] On pourra lire mon texte de juin 2010 pour Convergencia, sur « Le chaotique de Roberto Harari » qui faisait déjà référence à la question de l’incertitude – et la série de séances de l’année 2008-2009 du séminaire que je tiens à l’hôpital Esquirol, relatives au livre de Wittgenstein, De la certitude, trad. fse Gallimard, 1987, que j’ai questionné par rapport à la psychose.

Mais il faut noter qu’en 2011-2012, j’ai réélaboré cette question en termes de récursivité et d’imprédicativité. Aujourd’hui (mai 2012), je parlerai d’abord dans ces termes ? voir en addendum la bibliographie de mes textes qui leur sont relatifs – et de l’incertitude secondairement.

[2] Avec cette différence cependant : le carré modal ne figure qu’un des choix tétraédriques duaux de la mise à plat. Il correspond à l’une des surfaces d’empan duales du nœud borroméen.

Schéma 1
2.1. Construction et déconstruction du nœud borroméen


L’échappement de la signifiance dans les signifiants, les objets et le sujet est le mode de construction de ces derniers.

 

Schéma 2
En retour, c’est leur déconstruction qui constitue la signifiance.

Schéma 3
C’est dire qu’une dialectique construction-déconstruction de la signifiance opère à tout instant.

2.2. Le nouage borroméen

Le nouage borroméen lui-même échappe dans le nœud. J’ai coutume de dire qu’il y est dissous. Il n’est que fonctionnel et en rien organique (ce n’est pas un enlacement) : un simple dispositif, mais particulier, des ronds entre eux.

2.3. Le pas-sans

Dans le nœud borroméen, afin d’assurer ce dispositif, aucun des ronds ne va sans les autres. C’est là aussi un effet de récursivité attenant à la construction-déconstruction du nœud : le nouage pas sans les ronds, ceux-ci pas sans le nouage, ni l’un sans les autres. Le réel ne va pas sans l’imaginaire et le symbolique, le symbolique pas sans le réel et l’imaginaire, l’imaginaire pas sans le réel et le symbolique. Chacun est donc homogène aux autres et pourtant hétérogène. Lacan les homogénéise en considérant que chaque rond est à la fois imaginaire (par sa consistance), symbolique (par son trou) et réel (par son « ex-sistence », i.e. par le fait qu’il ex-siste aux autres, qu’il s’en différencie).

Schéma 4
2.4. La littoralité du nœud borroméen



On ne saurait donc prendre chaque rond dans une consistance qui lui soit propre, pointée comme réelle ou imaginaire ou symbolique, que cette consistance matérielle soit constituée de corde ou de trait. Ce qui importe au contraire est qu’ils ne sont que des index du passage littoral (Spaltung de Freud) d’un espace signifiant du nœud mis à plat à un autre. Le nœud borroméen est la représentation d’une structure de passages pas de frontières (les ronds ne sont pas des barrages : Spaltung ?Sperrung chez Bleuler, mais des barrières de contact). Chaque rond représente une coupure (Spaltung) dans l’espace signifiant ainsi agencé.

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3. Les conséquences subjectives du choix borroméen du schématisme subjectif


Les conséquences de ces choix de schématisme s’imposent dès lors au sujet, s’il souhaite ne pas éradiquer l’inconscient.

3.1. L’hypothétique du signifiant



L’hypothétique est une fonction essentielle de mise en jeu de la récursivité signifiante. Il pose que n’est pas donné d’avance ce qui servira d’appui (supposé) à ce qui doit en advenir. Ainsi implique-t-il anticipation et rétroaction : l’antécédent, censé exister pour que son conséquent en vienne à être, dépend proprement de l’hypothèse qu’il ait déjà accompli son œuvre, afin de s’appuyer en retour sur ce conséquent qui l’appelle à l’existence pourproprement s’en soutenir. C’est une affaire d’après-coup rétrogrédient et d’après-coup progrédient (celui-ci standard) associés de façon mœbienne (réversive). L’anticipation fait opérer la rétrogrédience et la rétroaction fait opérer la progrédience (le mœbien assure ce chiasme).

3.2. Le hors point de vue


L’échappement implique qu’on prenne en compte toute la structure du schématisme mis en place, afin de faire à la fois avec cet échappement et ses conséquences. Soit on suit un chemin eulérien dans la structure, c’est-à-dire la morphologie (en suivant un trajet passant par toutes les fonctions « d’un seul trait de plume »), soit on prend en compte tous les éléments de cette structure dans leurs connexions (je me limite au nombre « moyen » de connecteurs quaternaires, encore accessibles, car après on dépasse exponentiellement les milliards de connecteurs)[1].

3.3. L’asphéricité


La structure mœbienne des après-coups, constitutifs récursivement des signifiants comme fonctions d’échange, est asphérique. Cette asphéricité est un choix topologique essentiel, valant pour le nœud borroméen (du moins ses surfaces d’empan) comme pour le plan projectif, etc.

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4. La négativité


C’est dire qu’aucune de ces raisons schématiques ne va sans la négativité qui la sous-tend.

4.1. La récursivité implique l’absence d’élément initial servant d’appui à une déductivité du système. Elle rend la démarche psychanalytique inductive et de là déontique et nominaliste.

4.2. L’échappement spécifie que cette négativité récursive de base est néanmoins constructive, car elle échappe dans ce qu’elle induit (par restriction des choix retenus et donc élimination des choix rejetés).

4.3. La littoralité spécifie l’absence de frontières valant par elle-même.

4.4. Le hors point de vue spécifie le refus d’emphatiser un quelconque point de vue ou le refus d’une fixation en un point de la structure.

4.5. L’hypothétique contrevient à toute idée d’ontologie signifiante.

4.6. L’asphérique va à l’encontre de toute globalisation opérant par elle-même (sphériquement).

4.7. La négativité s’exprime donc dans de multiples aphorismes de Lacan :
  • pas de signifiant pour se signifier lui-même (et, dirai-je, pour signifier par lui-même)
  • pas de vrai sur le vrai (pas de vérité établie et garantie),
  • pas d’Autre de l’Autre (l’Autre n’est qu’une contrepartie du sujet, c’est-à-dire un élément, ou une fonction, de l’asphéricité structurale),
  • pas de transfert du transfert (la réalité apparente n’y intervient pas).

De là le concept d’aliénation opérant entre les éléments fonctionnels constitutifs de la structure (S1 et S2, Un et Autre, etc.)

4.8. La réversivité du signifiant dépend de cette asphéricité.

4.9. La récurrence est constitutive de la chaîne et du réseau signifiants.

4.10. La production d’un en-plus implique l’en-moins sur lequel se fonder, comme l’un sur le zéro, le plein sur le vide, le cri sur le silence, etc.

4.11. Cette dialectique des éléments opposés et tensionnellement opératoires produit à tout instant un inattendu, insoupçonnable auparavant.

4.12. C’est que la contingence propre à l’induction et à la récursivité est aussi fondée de ruptures[2] nécessaires au sein d’une récurrence régulière.

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5. La prise en compte de ces constructionssouligne qu’à leur base se situe constamment une conditionalité irréelle : il n’y a pas de cause donnée par avance pour produire des effets déterminés à coup sûr.


Cette conditionalité irréelle se répartit dans toutes les raisons fonctionnelles constitutives du réseau signifiant de la psychanalyse : la récursivité est la prise en compte de cette conditionalité irréelle, laquelle conditionnelle est proprement échappement, ce qui assure une dialectique littorale de cette conditionnelle et de ses effets d’incertitude. La fonction phallique de Freud est le nom de cette conditionalité irréelle. Le nœud borroméen en est le schématisme. Le quadrangle modal en distend la prise quantifiée. L’hypothétique qui y opère est la conséquence directe de l’irréalité du rapport raison / conditions (venant remplacer le lien classique de cause à effets)[3].


De cette irréalité on tire aussi la complexité de la négation, qui ne saurait être radicale et qui se distend entre discordance, forclusion, positivité et négativité (dans un schématisme quadrique). C’est encore une affaire d’incertitude.

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6. La répartition asphérique des effets de l’incertitudese présente sous des rapports. L’ensemble de la structure n’opère d’ailleurs que sous des rapports. Ces rapports sont fonctionnels : la structure est donc fonctionnelle et non constituée d’éléments objectaux (du moins ceux-ci ne sont que seconds par rapport aux fonctions en jeu et ils leur servent d’appui).


Ainsi peut-on lier et opposer (asphériquement) fonctions et objets, rapports et choses, échanges et usages, modes et propositions ou présentations...


Les conséquences de l’incertitude en sont notables. Je les donne ici sans plus de commentaires, certaines ayant déjà été avancées précédemment. Ce sont la dialectique, les négations, l’Aufhebung (comme ce qui est dépassé dans l’échappement et cependant qui se maintient dans ce que cet échappement implique) ; la dissolution, l’involution (rien ne s’en rétablit sinon pour disparaître aussitôt que constitué : échappement encore, qui produit un « toujours plus avant »), l’insaisissabilité (de la fonction en intension) ; l’effacement régulier dans la dialectique), la dé-énonciation (ou la « d’énonciation »), la fonctionalité comme essentielle ; la dialectique homogénéité / hétérogénéité est constante, elle constitue le quadrangle modal de connecteurs qui restent encore à produire[4]. Le sinthome (soit, pour moi, le nouage du borroméen), l’inconscient, le refoulement primordial sont des modes de l’échappement. Ils font signe de la récursivité signifiante et à leur niveau fonctionnel se joue l’Entstellung freudienne du rapport à l’objet signifié.


J’ajouterai la flexibilité des fonctions, leur pulsatilité, leurs oscillations, leur réversion, leur dialecticité. Avec la dialectique asphérique / sphérique, je tiendrai compte de la réversion global / local, inorientable / orientable.


Et surtout que l’on n’oublie pas les équivocités, la polysémie, l’écart(Entstellung lacanienne) du signifiant au signifié. Non plus la différence rapport (métaphorique) – relation (métonymique).


Tout cela conduit à l’indécidabilité de la structure, la faille qu’elle comporte, le vide qui y opère, le manque qui s’y inscrit et les limites qui la cantonnent en basses dimensions : « contien » de l’universel par l’existentiel, trouage du transfini réel pour aboutir restrictivement aux trois dimensions de l’espace imaginaire standard, l’ouverture des fonctions, leur contingence et leur facultativité – rendant toute totalité intelligible inatteignable.


Je n’en oublierai pas l’incertitude des liens du signifiant au corps.

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7. La pulsion



Freud appelle « pulsion » (Trieb) les liens d’incertitude du corps au signifiant et vice versa. Lacan implique – plutôt en ce sens inverse – le dire dans le corps.


Comme signification, objet, support du sujet, le corps (réel, imaginaire, symbolique) n’est pas sans lien avec le réseau signifiant. Il dépend de ces trois (+ un) abords du symbolique que sont la fonction, le rapport, l’échange et le mode, dans leur raison borroméenne.


Récursivement, le corps participe de son infiltration par le signifiant. Réversivement, le signifiant ne procède qu’à tenir compte du corps, ne serit-ce que pour les effets de signifié que sont la signification (tenant compte des traces organisatrices des souvenirs), du sens (faisant « représentance » des représentations pour les constituer), de la position subjective (spécifiant les signes impliquant la perception pour les passer à la valeur de signifiants).


Pour l’essentiel la fonction phallique échappe dans le corps et Freud distingue bien libido d’auto-conservation et libido sexuelle.


De toute façon le corps est littoral au signifiant (en dehors de tous les abords ontologiques du type corps / esprit).


Tout cela se transcrit en affects, angoisse, inhibitions, symptômes : l’affect est représentance (récursive) incorporée, les inhibitions retranscrivent l’échappement dans le corps, et les symptômes restreignent la littoralité intension / extensions sur le versant des objets.

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8. Topologie de l’incertitude


Tout ce propos peut se schématiser en un double lien borroméen au sens de la mise en continuité de deux borroméens ayant des orientations scalaires inverses.


Au borroméen associant récursivité, échappement et littoralité, j’adjoindrai le borroméen liant hypothétique, hors point de vue et asphéricité. Cette adjonction se fait (sur le mode 3+3+1) par la voie de la négation.

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9. Schématisme de l’incertitude


Par, cette fois, la voie du carré modal, œdipien et signifiant de Lacan,

[1] R.L., « Polytopie des valeurs entrant en jeu dans les relations quaternaires », 2004.

[2] Ces ruptures sont du mode de celle survenant à la phase terminale de sortie dans la hâte dans « Le temps logique.... » de Lacan, Écrits, pp. 197-213.

[3] Selon Freud, la causalité ne s’exprime dans le rêve que par le rapprochement des éléments en jeu : on passe de la consécution au consécutif.

[4] Rappelons leur accessibilité puisqu’ils ne sont que 65536 – bien au-delà cependant des 16 connecteurs binaires que déjà peu de gens pourraient citer in extenso.

je schématiserai la récursivité,

l’échappement,

scha-ma-8
la littoralité.

De là l’hypothétique,

le hors point de vue,

et l’asphérique

sur chaque axe.

La négation étant l’opérateur quadrique de ce schématisme.
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En conclusion, j’en soulignerai l’incertitude du sujet, de l’Autre, de l’objet, etc.


Pour dire que tout ce que Quine récuse est à la base de la pratique psychanalytique : les noms propres, les déictiques, les expressions d’attitudes propositionnelles, les modalités, les abstractions intensionnelles, les citations, les conditionnels irréels, les indicateurs égocentriques...